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MONTYON - initiateur du prix de vertu

"Le Prix de Vertu" ou « Prix Montyon » pour "l'action la plus courageuse réalisée par un Français pauvre".

médaille décernée à Marie LELANDAIS en 1902


Mais qui était ce monsieur MONTYON, l’initiateur de ce prix ?


Antoine Jean-Baptiste-Robert AUGET, baron de MONTYON naquit à Paris le 29 décembre 1733.

Le jeune Montyon se distingua dans ses études par de brillants succès scolaires.

A peine âgé de vingt-deux ans, il fut nommé avocat du roi au Châtelet.

C’était un travailleur insatiable, son inflexible probité, et à son inébranlable persévérance à repousser toute sollicitation, lui valurent le surnom de « grenadier de la robe ».

Le jeune avocat fut ensuite promu conseiller au Grand-Conseil, puis appelé aux fonctions de maître des requêtes. Titre normalement attribué à des candidats âgés de plus de 31 ans ; il n'en avait alors que 27 !

Vu l’éclat avec lequel il avait occupé ses postes antérieurs, le roi Louis XV fit pour lui une exception à la règle.

Il entra ensuite au bureau du Conseil d’Etat, où il fut chargé de tout ce qui était relatif à la législation des colonies françaises, puis il fut appelé dans le service de la direction de la librairie, alors confiée à M. de Malesherbes.


En 1768, alors qu’il n’avait que 35 ans, il fut élevé à une position des plus considérables de l’administration d’alors, et fut nommé intendant de la province d’Auvergne.

Il y fit bonne fortune. Et déjà il donna cour à son inépuisable bienfaisance.

Une affreuse disette amena la famine et menaça la province d’une épouvantable misère. Il combattit ce fléau, non par de stériles aumônes, mais en créant d’utiles travaux d’intérêt public dont il soldait en grande partie la dépense sur sa fortune personnelle : c’est ainsi que furent établies, dans les villes d’Aurillac et de Mauriac, les promenades publiques qui portent encore aujourd’hui le nom de Montyon.


Par la suite, après une opposition au régime, il refusa d’installer en Auvergne le Parlement du chancelier.

Le ministre mécontent se vengea en l’envoyant à l’intendance de Marseille.

Il fut très regretté en Auvergne ou les municipalités élevèrent à l’intendant disgrâcié des monuments commémoratifs.

Il ne resta pas longtemps à Marseille et fut transféré quelque temps à La Rochelle, avant que l’intendance ne lui soit retirée.


Entre temps Louis XVI était arrivé à la tête du royaume. Malgré l’estime qu’il avait pour de Montyon, il le laissa à l’écart jusqu’à ce que Monsieur de Penthièvre ne vienne plaider sa Ensuite, il devint chancelier du compte d’Artois. C’était en 1780.


En 1787, on lui proposa le poste de garde des sceaux, poste qu’il refusa, probablement parce qu’il avait pressenti que ce gouvernement courrait à sa perte.

En 1788, voyant s’accroître les périls, il plaça une partie de sa fortune à l’étranger. A l’aube de la révolution, il préféra se retirer à Genève.


Malgré toutes ses occupations administratives, il trouvait malgré tout le temps de s’intéresser à la culture des lettres.

M. de Montyon portait cette sollicitude qui fut la constante pensée de sa vie : les sujets qu’il entreprenait de traiter étaient toujours de ceux qui ont pour but d’élever le moral de l’homme ou d’améliorer sa condition matérielle. Il publia des ouvrages comme le « rapport à sa majesté Louis XVIII » où il essayait de démontrer que l’ancienne monarchie française avait eu une constitution mais que cette constitution avait été constamment violée par les rois.


En 1791, il concourut pour le prix fondé par Raynal à l’Académie française sur ce sujet : « Conséquences qui ont résulté pour l’Europe de la découverte de l’Amérique, relativement à la politique, à la morale et au commerce. »

Il obtint le prix, mais refusa d’en recevoir le montant (2400 francs) dont il fit l’objet d’un nouveau prix à décerner par l’Académie des sciences à celui qui trouverait « les meilleurs moyens ou les meilleurs instruments pour économiser et suppléer la main-d’œuvre des nègres. »


Jean-Baptiste de Montyon avait fondé trois prix, tous trois appelés prix Montyon. Les deux premiers sont décernés par l'Académie française : le premier, sous la dénomination de prix de vertu, était remis à des personnes méritantes ; le second, prix pour l'ouvrage littéraire le plus utile aux mœurs, a été remis pour la première fois en 1782. Le troisième est un prix scientifique remis par l'Académie des sciences.

Il fit tout au long de sa vie de nombreuses donations aux académies et continua de verser annuellement une somme de 10000 francs pour secourir les pauvres en Auvergne.


Il fit ensuite paraître plusieurs mémoires dont un dérangea plus particulièrement.

Il s’agissait des « particularités et observations sur les ministres des finances de France les plus célèbres, depuis 1660 jusqu’en 1792. » Necker est sévèrement jugé dans ce livre qui lui coûta l’amitié qu’il avait avec une femme célèbre : Madame de Staël, qui essaya en vain de le faire revenir sur son jugement.

Il se voua par la suite à des œuvres d’humanité .

Il mourut le 29 décembre 1820 et fut enterré au cimetière Vaugirard.

La liquidation de sa fortune fit monter à 1.275.000 francs le capital de ses fondations académiques et à 3.800.000, celui de on legs aux hôpitaux.



Un prix parfois contesté par les écrivains !

Le prix de Vertu a été maintes fois mentionné par Balzac dans ses romans et vivement critiqué par divers auteurs tels que Remy de Gourmont ou Charles Baudelaire en raison de l'aspect ostentatoire de la charité qu'il récompense. Baudelaire a également désapprouvé les prix attribués à ceux qui font une littérature à base de bons sentiments. Ce prix a également été critiqué par Octave Mirbeau.



Le cimetière qui reçut le corps de Montyon n’existe plus. Lorsque la suppression en fut décidée, l’administration des hôpitaux se concerta avec l’Académie française et l’Académie des sciences pour opérer le transfert des restes de cet homme bienfaisant et lui consacrer un monument simple et digne dans le cimetière de l’Est ; mais ce projet fut modifié et au final, le 26 avril 1838, les restes exhumés de Monsieur de MONTYON furent déposés dans un caveau pratiqué sous le grand vestibule de l’Hôtel Dieu. Au dessus de cette sépulture est placée une statue de Montyon, en marbre blanc,

Le piédestal porte les inscriptions suivantes :

A LA MEMOIRE

D'ANTOINE-JEAN-BAPTISTE-ROBERT AUGET DE MONTTON,

BARON DE MONTYON,

CONSEILLER D'ÉTAT;

DONT L'INÉPUISABLE BIENFAISANCE

ET L'INGÉNIEUSE CHARITÉ

ONT ASSURÉ

APRÈS SA MORT, COMME DURANT SA VIE,

DES ENCOURAGEMENTS AUX SCIENCES,

DES RÉCOMPENSES AUX ACTIONS VERTUEUSES,

DES SOULAGEMENTS A TOUTES LES MISÈRES HUMAINES.

NÉ LE 33 DÉCEMBRE 1733, MORT LE 29 DÉCEMBRE 1830.


ICI REPOSE SA DÉPOUILLE MORTELLE

TRANSFÉRÉE DE LA COMMUNE DEMEURE DES MORTS

A L ENTRÉE DE L'ASILE DES PAUVRES SOUFFRANTS ET SECOURUS

COMME A SA PLACE LEGITME

PAR LA PIEUSE RECONNAISSANCE

DES AUTORITÉS MUNICIPALES ET DE L'ADMINISTRATION DES HOSPICES,

AUXQUELLES SE SONT ASSOCIÉES

L'ACADEMIE FRANÇAISE ET L'ACADÉMIE DES SCIENCES.

XXVf MAI M.D.C.C.C.XXXYDI.

La dernière Ligne de cette inscription contient une erreur (mai pour Avril dont l'explication n'a pu être trouvée)





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